Origine du projet

L'origine du projet résulte de différents questionnements :

1.   Pourquoi ne faisons-nous pas dans les milieux scolaires l'apprentissage de l'humain comme nous faisons l'apprentissage de toutes les autres sciences ?

Tout le monde étudie le français, les mathématiques, l'anglais, l'histoire, et toutes les autres sciences abordées dans les écoles primaires et secondaires. Nous ne remettons pas en question leur enseignement  afin que chacun de nous ayons des bases et une représentation globale de notre environnement... Nous remettons en question le fait qu'il n'en soit pas de même avec la psychologie. Alors que ces domaines ne serviront qu'à une catégorie de personnes, il nous semble que la connaissance de soi serait profitable à tous.

Pour expliquer cette situation, Martin Seligman (Psychologue et chercheur, 1942-...), principal initiateur de la psychologie positive suggère ceci : « nous connaissons peu ce qui donne de la valeur à la vie. (...) Ceci vient de ce que, depuis la Seconde Guerre mondiale, la psychologie est devenue en grande partie une science de la guérison. Elle se concentre sur la réparation des dommages au sein d'un modèle du fonctionnement humain axé sur la maladie. Cette attention presque exclusive sur la pathologie néglige l'individu épanoui et la communauté prospère». Cet auteur reconnaît certes les victoires thérapeutiques de la psychologie, mais estime que celles-ci ont été obtenues au détriment d'autres considérations tout aussi essentielles : «Quand nous sommes devenus seulement une profession de guérison, nous avons oublié notre mission plus large : celle d'améliorer la vie de tous les gens». (Source : https://www.psychologie-positive.net/)

2.    "Éduquer" est-il synonyme d'"enseigner" ? 

Maslow (psychologue, 1908-1970) : « [...] Si l'on envisage le développement personnel en termes de compétences à obtenir dans la vie, on doit alors penser en terme de ce que j'appelle l'éducation (ou apprentissage) intrinsèque ; c'est à dire à devenir un être humain en général, puis apprendre à devenir un être humain en particulier. [...] Une fois que l'on a commencé à penser dans le cadre qui consiste à lier l'éducation à l'être humain, quand on se pose la question de savoir à quoi ont servis nos cours au lycée («En quoi la trigonométrie m'a-t-elle aidé à devenir un meilleur être humain?»), un écho répond : «bon sang, en rien !». Dans un certain sens, la trigonométrie fut pour moi une vaste perte de temps". 

Selon la description de Maslow, il serait donc possible de faire une nuance entre "enseigner" et "éduquer" (éducation intrinsèque = psychologie ?).

Par conséquent, et afin de minimiser les confusions, nous utilisons le mot "éducation"  pour désigner tout ce qui est relié au "savoir-être" (intériorité, attitudes, interactions sociales, personnalité, etc.), et les mots "enseignement" et "instruction" à tout ce qui est relié au "savoir" et "savoir-faire".

Comme nous acceptons cette distinction, nous nous posons alors la question : Est-il possible d'éduquer de la même façon que nous enseignons? Selon nous, étant donné que les sciences exactes sont objectives et généralisables, et que l'humain est subjectif et nécessite l'acquisition du discernement, nous pensons que les méthodes d'apprentissage gagneraient également à être différentes, d'où l’utilisation de la philosophie pour enfants qui selon nous est l'approche la plus appropriée à la réalisation du projet "Connais-toi toi-même!".