Depuis 1983, Parrainage Jeunesse est un organisme de prévention en Beauce-Etchemins qui a pour mission d'offrir un accompagnement aux jeunes pour favoriser leur mieux-être et le développement de leur plein potentiel. À l'origine, l'organisme offrait uniquement un programme de parrainage ayant pour but de recruter et soutenir des bénévoles qui s'engagent à partager du temps avec un enfant ayant besoin d'une personne significative positive dans sa vie. En 2008, en raison de difficultés vécues par plusieurs jeunes, un projet de développement personnel et de prévention conçu pour les enfants dans les écoles primaires a vu le jour et est à l'origine de Connais-toi toi-même ! .

Dyane Plante

Directrice Parrainage Jeunesse

Développer le projet des ateliers de philosophie pour enfants orientés vers la connaissance de soi dans les écoles me tient particulièrement à cœur. J'ai moi-même étudié en philo au début de mes études supérieures pour me développer sur le plan personnel. Je ne pensais jamais que ce parcours au cégep en philo et mes études en enseignement primaire prendraient autant de sens dans mon travail chez Parrainage Jeunesse, un organisme pourtant en santé et services sociaux.

Lorsque j'ai pu constater, chez plusieurs enfants qui passaient par notre organisme, à quel point ils étaient souvent démunis face aux épreuves qu'ils vivaient et combien ils développaient toutes sortes de comportements et d'idées néfastes pour compenser ce manque de ressources, toute l'anxiété qu'ils pouvaient vivre, j'ai pensé qu'on devait les outiller pour qu'ils soient mieux avec eux-mêmes, mais aussi avec les autres. La base d'une bonne santé mentale s'établit tôt dans l'enfance. Il est plus facile de se construire une bonne santé mentale que de la guérir alors qu'elle est mauvaise et qu'elle est bien installée. Mais comment ? C'est alors que la vie a remis sur mon chemin la philo pour enfants et des passionnés dans cette discipline.

J'ai toujours été inspirée par Socrate. «Tout ce que je sais, c'est que je ne sais rien». Par l'introspection et le questionnement collectif, en étant ouvert et en collaborant avec nos pairs, nous apprenons à mieux nous connaître et nous pouvons développer tout un tas d'aptitudes et de qualités qui sont des facteurs de protection et de développement pour chacun, mais aussi pour la collectivité. Cela nous permet d'affronter les défis de la vie en étant plus outillés psychologiquement et ainsi mieux réussir notre vie personnelle et professionnelle.

Je me permets de conclure en vous citant une dame d'une grande inspiration pour persévérer dans ce projet : «Libérez le potentiel de l'enfant et vous transformerez le monde avec lui. » Maria Montessori

Daniel Le Bail

Chargé de projet

Le concept de quotient intellectuel est très présent dans notre société et est souvent relié aux critères de performance scolaire. Pourtant, l'excellence d'un parcours scolaire n'est pas synonyme d'épanouissement personnel. Comme le mentionne Maslow : "Être meilleur en mathémathique ne permet aucunement de devenir meilleur sur le plan humain". Par conséquent ne serait-il pas logique d'accorder dans les écoles au moins autant d'importance à l'intelligence sociale qu'à l'intelligence cognitive ?

C'est d'ailleurs toujours un étonnement pour moi de constater que les deux sciences qui permettent de mieux comprendre l'humain, soient la philosophie et la psychologie, sont paradoxalement celles qui sont explorées en dernier au cégep ou à l'université, et par conséquent inaccessibles à la très grande majorité de la population.

Dans ce sens, je ne peux donc qu'imaginer les conséquences sur l'individu et la société si dès le primaire et tout au long de leur scolarité, les enfants faisaient l'apprentissage de la connaissance de soi, du «connais-toi toi-même», apprenaient à dialoguer et réfléchir ensemble, aussi naturellement qu'apprendre à lire ou à compter.



Julie Tremblay

Chargée de projet

Depuis 2013, suite à la publication de mon livre La philosophie comme solution au mal de vivre, j'ai reçu de nombreux témoignages de gens pour qui la philosophie a joué un rôle capital dans leur vie. Pour eux comme pour moi, la philosophie est quelque chose de très personnel, d'intérieur. C'est une démarche spirituelle de conscience de soi, des autres et du monde. Une quête qui, en bout de ligne, permet de mieux vivre.

Je crois que l'ignorance de soi est à la base du mal de vivre, car elle crée l'impossibilité d'être maître de sa propre vie. Celui qui n'a pas conscience de soi, qui ne se ressent plus, ne peut agir sur lui-même. Autrement dit, le point de départ de la liberté se trouve dans l'intériorité de l'homme et si la philosophie parvient à nous donner accès à davantage de liberté, c'est justement parce qu'elle est cette conversion du regard qui fait que de l'extérieur, nous nous retournons vers l'intérieur.

C'est d'ailleurs en ce sens que je vois en la philosophie pour enfants un puissant outil de prévention en santé mentale, d'autant plus lorsque celle-ci est orientée vers la connaissance de soi. Je crois fermement que la pratique philosophique peut contribuer au développement de la résilience, à la construction de sa propre identité, à l'augmentation de l'estime de soi, au développement des compétences relationnelles impliquées dans le dialogue (affirmation de soi, respect des autres, empathie, écoute, collaboration, etc.).